CLAIRE GIBAULT : « HÉROÏQUE »


Pionnière et engagée, la cheffe d’orchestre mancelle prend toujours du plaisir à diriger.

Comment devient-on cheffe d’orchestre ?
Mon père enseignait au Conservatoire du Mans. À 4 ans, j’ai commencé le solfège avec lui et j’ai intégré la classe orchestre. J’ai dirigé dès l’âge de 13-14 ans.

L’histoire d’une passion…
Oui. Enfant, ma langue c’était vraiment la musique. Je ne parlais pas beaucoup. Mon premier amour a été le piano à 5 ans, puis le violon à 7 ans. J’ai été entourée de magnifiques professeurs qui m’ont aider à développer ma vocation.

En ouvrant un chemin difficile pour une femme ?
J’ai été assistante à l’Opéra de Lyon. J’y suis resté 25 ans. J’ai aussi travaillé avec Claudio Abbado à la Scala de Milan. Il a été mon mentor. Le chemin a été difficile, c’est vrai car il y avait beaucoup d’arrogance chez les hommes. J’ai dirigé ce qu’ils ne voulaient pas diriger : les créations contemporaines, des comédies musicales ou les œuvres pour les enfants.

J’ai réussi à faire ma place mais ça a toujours été un combat. En 2018, j’ai été très choquée au retour d’un concours à Mexico et, avec la Philharmonie de Paris, j’ai été l’initiatrice de La Maestra, un concours pour donner de la visibilité au talent des femmes.

« Enfant, ma langue c’était vraiment la musique »

Comment se porte le Paris Mozart Orchestra que vous avez créé en 2011 ?
Je suis fière de cet orchestre avec des musiciens qui sont heureux d’être là. La notoriété est grandissante. C’est un ensemble axé sur la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination. Cela donne un très bel état d’esprit et une fraternité.

Vous (re)venez au Mans le 29 avril. Votre programme ?
C’est un vrai plaisir de revenir dans sa ville natale et de retrouver mes amis ! Aux Quinconces, nous présenterons Héroïque (Éroïca en italien), la symphonie n°3 de Beethoven. Il y aura aussi Les Nuits d’Été de Berlioz avec ses mélodies magnifiques chantées par la mezzo-soprano Victoire Bunel. Et puis, l’ouverture de Mendelssohn sera dirigée par Eu-Lee Nam, jeune lauréate de La Maestra.

Et pour finir, quels sont vos projets ?
Je travaille sur une création avec Erik Orsenna sur le thème de l’eau. Je l’ai appelé et on s’est rencontré. Orlando Bass a écrit la musique et nous allons tourner avec ce conte dans une quinzaine d’établissements scolaires dans le cadre du projet Orchestre au Bahut.

Le Mans – Les Quinconces

DANS L’AGENDA

Mardi 29 avril 2025

EROÏCA, Paris Mozart Orchestra sous la direction de Claire Gibault et Eu-Lee Nam (ouverture) avec la participation de la mezzo-soprano Victoire Bunel, 20h, 17 à 35 euros.

Retrouvez ce sujet dans le numéro 28 de (mars-avril 2025)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi