Un palais de justice plus vrai que nature où s’entrechoquent hilarité ou stupeur.
LE CHEF DE MEUTE
Jean-Christophe Meurisse est alors à la Faculté de Rennes lorsqu’il découvre le théâtre. En 2005, lassé par un « théâtre figé, élitiste et poussiéreux », il crée une compagnie plutôt drôle et surtout sauvage : Les Chiens de Navarre. « Il nous a tout suite invités à la désobéissance », se souvient Jean-Luc Vincent, l’un des premiers acteurs. Quelques mots de Télérama résume bien l’esprit d’alors de la compagnie : « Une belle troupe d’enragés ».
L’ARME DE L’IMPROVISATION
Très vite, Les Chiens de Navarre deviennent libertaires et s’affranchissent des codes du théâtre. Dans ses pièces corrosives, Meurisse laisse carte blanche à ses acteurs. À leur guise, chacun d’entre eux peut dévier du phrasé et improviser, en mode vitriol ou grosse bouffonnerie. « Ici, chaque comédien tire ses cartouches comme bon lui semble », lâche en 2014 le journaliste de Libération, Gilles Renault.
LE BAL DES MORSURES
Depuis leur première pièce en 2009 (La Raclette), Les Chiens de Navarre n’ont pas arrêter de mordre. Et surtout là où ça fait mal ! Identité nationale (Jusque dans vos bras, 2017), névroses familiales (Tout le monde ne peut pas être orphelin, 2019) ou folie (La vie est une fête, 2023), JCM s’empare de sujets durs, clivants, très politiques et les traitent sans garde-fou, souvent de façon trash, en mêlant avec dextérité rire (noir ou jaune) et dérision absolue.
NOUVEAU COMMANDO
Aujourd’hui, Les Chiens de Navarre canal historique ne sont plus. Les comédiens du début ont abandonné la meute, fatigués de cette virulence sans limite. Pour sa neuvième création, I will survive, l’alpha de la compagnie s’est trouvé d’autres carnassiers, tous crocs acérés. Dans ce tribunal, une satire sanguinolente autour des violences conjugales et de la place de l’humour dans la société.
DANS L’AGENDA
Du 4 au 6 novembre 2025
I WILL SURVIVE, Les Chiens de Navarre, Jean-Christophe Meurisse, 20h (sauf mercredi, 19h), 9 à 25 euros.
Retrouvez cette bande-annonce dans le numéro 31 de
(septembre-octobre 2025)
