L’album culte du Brestois a 30 ans et nous fait toujours chavirer…
Un riff nerveux de guitare acoustique et puis… Je vous téléphone encore ivre mort au matin / Car aujourd’hui c’est la Saint-Valentin. En quelques notes et avec ces mots qui sentent encore le bistrot de la veille, un chanteur venu de Brest, ex-membre du groupe post punk et éphémère Printemps noir, fait soudain gronder le tonnerre. Sans batterie et sans les codes du rock…
Boire n’est pas encore sorti. Pourtant, Christophe Miossec embrase les bars du Finistère, on duplique sa cassette et elle finit dans la Twingo. Mais à trente ans, Miossec, lui, vit sans bagnole et même sans appart, depuis qu’il a laissé en rade ses boulots : correcteur à Gallimard, journaliste à La Réunion et même peintre en… bâtiment.
La maquette a quand même été envoyée à quelques journalistes bien ciblés, dont “JD” Beauvallet. Celui-ci lui répond par un article de quatre pages dans les Inrocks : Miossec, La peau et les os. Un label belge vient de le signer. Deux néons au bout de sa piaule, chez ses parents. Nous sommes le 10 avril 1995.
Boire va désinhiber la chanson française par son réalisme abrasif. Miossec chante ses failles, ses désirs, ses ruminations. La boisson bien sûr aussi, et ça nous cause d’un coup davantage que l’énième opus des Têtes Raides. Boire l’amènera même jusqu’à Johnny. C’est d’ailleurs en écoutant l’album que le “taulier” a eu envie de lui confier des textes. Leur collaboration aura duré presque vingt ans.
Oui, Boire mène à tout et on est pressé de réécouter la rage fiévreuse de la “cassette” culte de Miossec.
Allonnes – Salle Jean Carmet
LA PLAYLIST
DANS L’AGENDA
Samedi 15 mars 2025
MIOSSEC + QUENTIN SAUVÉ (chanson française/folk), 20h30, 26 euros (24 euros en prévente).
Retrouvez ce sujet dans le numéro 28 de
(mars-avril 2025)
