Avec Watt, le chanteur breton nous offre des chansons poétiques et magnétiques.
Comment s’est fait Watt, votre huitième album ?
Ce n’était pas tellement prémédité. En tournée, je n’écris pas beaucoup, même si j’ai l’esprit occupé par mon activité principale qui est la chanson. A la fin de la tournée, je vais en studio. Je me mets dans des situations d’affût. Je commence à jouer et à écrire. Lorsque deux ou trois textes provoquent une réaction de vibration, cela me met dans un appétit et ça constitue une sorte de matrice qui peut ouvrir à un album.
Que raconte la pochette de Watt ?
C’est une position de défiance. Ce visuel représente une attitude de vigilance dans la pénombre actuelle du monde, face aux forces obscures, conservatrices et à l’agressivité. Les crises actuelles occupent nos esprits. Elles touchent toutes les formes d’art et le combat intellectuel. Il y a une remise en cause des modèles d’organisation politiques et démocratiques dans de nombreux pays, ainsi qu’une montée de la précarité face à la course au profit. Il y a une pendulation dans ce monde, mais l’expression de la jeunesse et certains idéaux subsistent.
« Une attitude de vigilance dans la pénombre actuelle »
Comment s’opère le travail avec Thibault Frisoni, votre complice de l’ombre ?
Nous n’avons pas de protocole de base. Notre approche est instinctive. J’amène la matière première : un texte, des chutes d’accords, des intentions de productions… Je fais une maquette de mon côté, et Thibault, qui a un côté laborantin, va améliorer ce que j’ai posé. Je suis autonome en studio. Je sais me servir de toute la technologie nécessaire. Il y a des morceaux que je crée seul et d’autres où je fais appel à lui. Notamment pour les synthés ou son expertise de réalisateur. Il arrive aussi qu’il m’apporte une musique complète comme sur la chanson Watt.
Parallèlement à la musique, vous évoluez également dans le cinéma, la littérature et le théâtre. Que recherchez-vous dans toutes ces formes artistiques ?
Ces univers m’apportent de la concentration, de la diversification, des expériences amicales et des défis. Je ne suis installé nulle part. Je suis toujours en mouvement. Ces pas de côté me donnent de l’adrénaline.
Allonnes – Salle Jean Carmet
LA PLAYLIST
DANS L’AGENDA
Mercredi 4 février 2026
BERTRAND BELIN + ROMA LUCA (chanson française), 28 € (26 € en prévente).
Retrouvez ce sujet dans le numéro 33 de
(janvier-février 2026)

